The L-Word : interview de Rose Rollins, l’interprète de Tasha Williams

Interview liée à la série The L-Word

Rose Rollins

Interview accordée à Shauna Swartz le 20 février 2007 pour le site Afterellen.com

Lors des trois dernières saisons, The L-Word a flirté avec l’identité butch grâce à plusieurs personnages de Shane (Katherine Moennig) à Moira/Max (Daniela Sea) en passant par Ivan (Kelly Lynch). Mais c’est peut être Tasha Williams, jouée par Rose Rollins qui représente cette saison la plus authentique lesbienne butch de la série. La réservée et stoïque Tasha est une capitaine de la Garde Nationale qui, juste rentrée d’Irak, attire l’attention d’Alice – menant à une romance opposition-attraction qui est rapidement devenue la préférée des fans.

Rollins, 28 ans, a grandi dans le Yonkers à N.Y. et vit à Los Angeles depuis 1999. Avant d’obtenir un rôle dans The L-Word, elle était une top modèle couronnée de succès, a interprété Suzanne, l’assistante de C.J. Cregg’s (Allison Janney) dans la série The West Wing et a joué aux côtés de Jennifer Beals en 2002 dans le film 13 Moons. Afterellen.com a récemment parlé avec Rollins de la nouvelle dimension que son personnage apporte à la série The L-Word ainsi que du fait qu’on la prenne pour un garçon manqué.

Parlez-moi de votre personnage, Tasha.

Je reviens d’Irak et j’appartiens à la Garde Nationale. On n’explique pas vraiment pourquoi je suis de retour à la maison et personne ne sait vraiment pour combien de temps je suis là. Mais, alors que je suis de retour, je suis réservée et très sérieuse. Et ma meilleure amie depuis toujours, Papi, me présente à la bande et je suis le genre qu’aime Alice, mais nous vivons dans deux mondes différents et je sais qu’il ne pourra rien y avoir parce que nous ne croyons pas en les mêmes choses. Nous n’avons pas les mêmes perspectives la vie. Elle n’est simplement pas aussi sérieuse que celle avec laquelle je voudrais être. Et en plus, je ne sais pas combien de temps je vais rester, donc je me dis que je ne dois pas m’impliquer avec qui que ce soit pendant que je suis là, mais. nous craquons l’une pour l’autre.

Je crois que j’ai entendu que votre personnage avait été blessé au combat.

Ce n’est pas vraiment énoncé. Je suppose que je suis simplement en sursis. Je suis simplement de retour et je sais que je vais repartir. Je ne sais réellement pas pour combien de temps mais j’avais besoin d’un break.

Est-ce que votre personnage parle de son expérience en Irak ?

Pas vraiment. Je suis de ces personnes qui gardent beaucoup pour eux. Je laisse finalement Alice me toucher bien avant que je ne lui dise que je repars, juste pour l’inciter à comprendre d’où je viens et ce que j’ai traversé. Mais j’ai également quelques flashs back, et je souffre d’un certain stress post traumatique alors que je suis de retour et ils [les épisodes] abordent définitivement cela. Et ils abordent également la politique « don’t ask, don’t tell ».

Comment est-ce de jouer cachée ?

Hé bien, c’est simplement fondamental comme ça l’est aujourd’hui. Bien que ce soit « don’t ask, don’t tell », les gens savent toujours. Les gens jugent ; les gens veulent toujours essayer de saper. Il y a quelqu’un qui essaye de saper ma position parce qu’il a découvert que j’étais gay et il menace réellement mon travail. Cela touche simplement à toutes les responsabilités qui en découlent. Ce n’est pas aussi simple de ne rien demander et de ne rien dire.

Votre personnage parle-t-il de son point de vue sur la guerre ?

Ouais. Je me suis engagée pour me battre pour mon pays. Je veux dire, je me suis engagée et rien ni personne ne pourra me leurrer quand à cet engagement et ce qu’il représente. Et je touche également au fait que je ne me bats pas du tout pour George Bush, parce que ce n’est pas comme si je fermais les yeux sur ce qu’il fait ou sur ce qu’est la guerre. C’est juste le serment que j’ai fait et je me bats pour mon pays.

Comment cela coïncide-t-il avec votre propre point de vue sur la guerre et est-ce que l’on vous pose cette question à chaque fois ?

[Rires]. Ouais, c’est le cas. Je n’aime pas vraiment devenir personnellement trop politique mais je ne suis définitivement pas d’accord à 100 % avec la guerre, mais je comprends d’où vient mon personnage. Je suis également l’une de ces personnes qui, si je fais un serment, personne d’autre n’a à le comprendre. Tant que je le comprends, je vais tout faire pour le tenir. Et je pense que c’est plus de là où elle vient que n’importe quoi d’autre.

Avez-vous une opinion sur la guerre ou même simplement votre sensibilité à ce propos a changé depuis que vous interprétez ce personnage ?

Certainement, et lors des recherches pour mon personnage j’ai parlé à un grand nombre de personnes qui ont été là-bas. Et chaque point de vue est si différent, mais j’ai cet entier et nouveau respect. Je veux dire, nous savons tous ce qui se passe, mais la plupart d’entre nous est tellement loin de cela. Ainsi nous savons mais nous ne savons pas vraiment. Et cela m’a juste donné une grande perspicacité et un nouveau respect pour ce que ces femmes traversent là-bas, en risquant leurs vies.

Pouvez-vous interroger les scénaristes si vous avez une question d’ordre général ?

Oh, absolument. Sur tout. Je ne le crois toujours pas. C’est le meilleur travail que j’ai fait, parce que vous aviez réellement cette liberté de vous asseoir avec les auteurs si vous aviez un quelconque problème ou une question. Et ils étaient là à 100 % à vous écouter, sans ego. Vous savez, certains scénaristes sont du genre “Hé bien, ce sont les dialogues, donc, c’est ce que vous direz”. Mais non, ce n’était pas du tout comme cela. Ce sont beaucoup d’idées en collaboration.

A quel point ressemblez vous à votre personnage ? Etait-ce un défi ?

Nous sommes réellement très semblables, et la majeure partie était assez facile pour moi. Mais la partie la plus difficile était de me placer dans la peau de cette femme qui a combattu dans un pays étranger et c’était un très grand défi. Et également, en tournant ces scènes, être au feu de l’action et être responsable de tellement de vies parce que je suis capitaine. C’était la partie la plus difficile. Mais concernant la personne qu’elle est, j’ai trouvé cela relativement facile, parce que nous sommes assez similaires.

Réservée et disciplinée et sérieuse ?

Oui. J’aime m’amuser un peu plus qu’elle en fait. [Rires]

J’espère qu’elle s’amusera un peu dans la série.

Oui, elle le fera certainement.

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A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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