Interview de Charlotte Sullivan, l’interprète de Gail Peck

Interview liée à la série Rookie Blue

Charlotte Sullivan - Rookie Blue

Interview accordée à Daniela Costa la 24 juillet 2015 pour le site Afterellen.com

Alors que Gail Peck de Rookie Blue peut être une vraie peau de vache, Charlotte Sullivan, son interprète, est absolument adorable. Dans la dernière saison, Gail est tombée amoureuse d’Holly (interprétée par Aliyah O’Brien) et s’est fait briser le cœur. Dans cette saison-ci, Gail s’implique corps et âme dans une histoire d’adoption et de drame familial, et, oui, elle est encore lesbienne.

En prévision de l’épisode final de Rookie Blue diffusé mercredi prochain au Canada, Charlotte nous a parlé du forcing qu’elle a dû faire pour que son personnage soit homosexuel, de ce qu’elle pense du couple Holly/Gail, de l’intrigue concernant son personnage dans cette saison et de ses fans gays géniaux.

J’ai eu le plaisir de discuter avec Tassie Cameron [ndlt : l’une des créatrices et scénaristes de la série] il y a quelque temps. Elle m’avait dit que vous aviez toujours cru que Gail était lesbienne. Est-ce vrai ? Vous avez toujours su quelque part ? Et si oui, pourquoi ?

C’était il y a quoi, 5 ans, j’ai dit un truc du genre « Tassie, est-ce que je suis lesbienne ? ». Elle m’a répondu « Non », et j’ai continué « Tu en es sûre ? ».

J’avais l’impression de voir des indices faisant allusion à sa sexualité. Et puis, ça ne faisait aucun doute qu’elle avait du mal à interagir correctement avec les garçons – non pas que vous deviez interagir correctement avec les hommes pour être hétérosexuelle –, mais c’était un ressenti. J’avais même l’impression qu’il y avait des blagues, genre « Est-ce qu’ils sont en train de se moquer de ma sexualité ? Qu’est-ce qu’il se passe ? » Elle m’a dit « Pas du tout. Ce n’est pas ce que l’on avait prévu pour toi ». Et puis, quelque part, elle a gardé ça en mémoire et elle a fini par adorer l’idée.

Le truc qui m’énerve dans ce genre de série télé, c’est qu’ils se sentent toujours obligés de rappeler au public que le personnage est gay. Je ne parle pas de Gail Peck, je parle en général. Les personnages homosexuels ont toujours besoin d’avoir cet espèce de coming-out dans le scénario et j’ai juste l’impression que ce n’est pas… je veux dire, c’est normal, ce n’est pas hors du commun, alors pourquoi en faire tout un plat ? Moi-même en tant qu’hétérosexuelle je n’ai pas eu besoin de faire de coming-out et de déclarer mon hétérosexualité à mes amis et ma famille. Alors pourquoi une personne homosexuelle devrait avoir à le faire ? Du coup, j’admire vraiment la façon dont Rookie Blue a approché les choses. On n’a pas eu ce grand moment de coming-out à tout le monde.

Il y a beaucoup de scénaristes homos sur la série et j’ai trouvé qu’ils ont géré ça d’une très jolie manière. Ce que je n’aime pas avec la plupart des séries qui parlent de la sexualité de leurs personnages c’est qu’ils vous le martèlent à longueur de temps. Ils rappellent tout le temps au public que ce personnage-là est gay. Pourquoi une personne ne pourrait-elle pas juste être une personne ? C’est une espèce de grande claque dans la figure pour la communauté gay, je trouve. Laissez-les être homo à la télé, qu’est-ce qu’on s’en fiche ?

Mais je trouve aussi très important le fait d’être représenté à la télévision et c’est pour ça que j’étais très heureuse de pouvoir le faire. Ça ajoute de nouvelles profondeurs à mon personnage. La vache, ça la rend encore plus sympathique à mes yeux.

Vous avez également mis un terme définitif à la question de l’homosexualité de Gail en lui donnant une coupe de cheveux très gay. Mais j’ai entendu dire que vous vous êtes coupé les cheveux parce que vous en aviez réellement besoin, c’est vrai ?

Ça n’avait rien à voir avec l’homosexualité de Gail. C’est juste que j’ai eu les cheveux peroxydés pendant trop longtemps et qu’ils ont fini par tomber. Pour de vrai !

Ça vous va bien. Et coïncidence, c’est allé de pair avec la transformation de Gail.

C’est un peu bizarre tout ça.

Il faut que je vous interroge sur Holly et Gail. Qu’avez-vous pensé de leur relation ?

Tout d’abord, j’adore Aliyah O’Brien. C’est une personne vraiment formidable. J’ai une très belle relation avec elle. Pouvoir travailler avec elle a été merveilleux. Et j’adorais leur relation. Je veux dire, il est évident que Gail prend toujours la fuite, c’est une fuyarde et oui, c’est sûr, j’aurais aimé que l’on ait plus de temps pour approfondir cette relation.

Nous n’avons pas pu nous concentrer sur cette relation et nous plonger totalement dedans parce qu’Aliyah habite à Vancouver et nous tournons à Toronto. C’était juste une histoire de logistique, ce qui est un peu un crève-cœur. Mais oui, j’aurais vraiment aimé que leur relation continue encore et encore. J’aurais adoré !

Du coup, voudriez-vous que Gail se trouve une autre petite-amie, ou est-ce que, comme beaucoup d’entre nous, attendez-vous qu’Holly revienne ?

Et bien, je crois qu’il n’y a rien de mal à s’amuser un peu, à sortir et voir les opportunités qu’il peut y avoir à l’extérieur. Mais au final, je crois que, pour moi, c’était Holly la bonne. Je le pense. J’ai vraiment aimé cette relation.

Il y a des vols intra Canada, au sein du pays des Grands Froids. Pensez-vous que quelque chose pourrait être arrangé avec Aliyah ? Avez-vous des infos quelconques ?

Pour être honnête, comme nous sommes basés à Toronto, d’après les contrats nous devons embaucher des locaux. C’est vraiment bizarre, mais ça a un rapport avec les incitations fiscales. Au final, c’est juste des questions d’argent, ce qui est horrible parce qu’on préfèrerait évidemment que ce soit une question de talent.

N’y a-t-il aucun moyen – et je me joindrais à vous avec plaisir si besoin était – de convaincre Aliyah d’intégrer la bergerie torontoise ? Ce n’est pas si mal que ça ici.

C’est tellement vrai. Absolument. Je crois que si elle avait vécu et déménagé ici, le scénario aurait été totalement différent. Mais elle a aussi une vie à Vancouver. Elle a sa famille là-bas, il y a donc vraiment quelque chose qui la retient dans cette partie du monde.

Ok, ok.

Vous avez essayé !

J’ai essayé. Bon, pour en revenir à la question sur les relations. D’accord pour que Gail fasse ses premières frasques, mais voudriez-vous qu’elle ait une autre relation sérieuse avec une femme ? Je sais que Gail part dans beaucoup de directions différentes en ce moment.

Ah, mais bien sûr. En ce moment, elle gère ce problème d’adoption.

Ah ça, pour l’instant, dans cette saison, l’intrigue de l’adoption a pris le dessus sur la vie amoureuse de Gail. À votre avis, pourquoi cela représente-t-il autant pour Gail d’adopter Sophie ? Surtout que pour elle ça veut dire le faire seule, en tant que mère célibataire. Et en étant policière en plus.

En y réfléchissant bien et en nous considérant tous les cinq [les cinq nouvelles recrues du début de la série], Gail n’a jamais vraiment été amie avec qui que ce soit. Même quand on faisait les photos de promos de la série ou de simples photos pour la série, ils nous disaient « Ok, enlacez-vous les uns les autres », et je leur répondais « Mais Gail, déteste ces personnes ». Il y a toujours eu cette étrange dynamique, un peu limite, avec elle. Elle ne déteste pas ces gens, elle les aime en réalité, mais elle n’aime pas le montrer et elle n’a jamais vraiment fait partie du groupe. Et je crois qu’elle a besoin de retrouver cet instinct maternel qui est en elle, pour contrebalancer le fait que les gens n’aient pas confiance en elle, même en tant qu’officier de police. Elle a besoin de croire en elle, de croire qu’elle puisse être chaleureuse, tendre et aimante, et ce même avec cette carapace incroyablement dure probablement faite de goudron vous voyez ce que je veux dire ? Elle veut se prouver qu’elle est une femme et qu’elle peut être maternelle.

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A propos de Lou Morin

Lou Morin
Traductrice Anglais/Français

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